Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes Ni l’orgue ni la prière aux agonisants Onze ans déjà que cela passe vite onze ans Vous vous étiez servis simplement de vos armes La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans Vous aviez vos portraits sur les...
Un aveugle marchait à travers la montagne, d'une main son bâton, dans l'autre un chapelet, appuyé sur les bras d'un enfant, il allait; et dans l'horizon bleu s'effaçait la campagne. Des rochers et toujours des rochers autour d'eux, de grands blocs de...
In extenso Je rêvais d’absolu durant ma tendre enfance, Dans une ubiquité qui ralliait l’existence A l’expression de fait où nous étions égaux, Sans l’ombre d’un ostracisme ou d’un blême distinguo. Les hommes ne devaient pas crever dans la misère Sous...
Parmi le vert et la floraison de toutes les plantes les plus belles je flâne. Je délibère ici Je rêve par là. L’heure s’arrête ou plutôt s’étend pleinement, se déplier et s’amplifier. Ces tournoiements et ondulations soudaines de brises d’été, envoient...
Recueil : Le coeur innombrable Anna de NOAILLES (1876-1933) Voix intérieure Mon ami, quels ennuis vous donnent de l'humeur ? Le vivre vous chagrine et le mourir vous fâche. Pourtant, vous n'aurez point au monde d'autre tâche Que d'être objet qui vit,...
Dans le calice d' une fleur la guêpe un jour voyant l' abeille, s' approche en l' appelant sa soeur. Ce nom sonne mal à l' oreille de l' insecte plein de fierté, qui lui répond : nous soeurs ! Ma mie, depuis quand cette parenté ? Mais c' est depuis toute...
C’était un lieu paisible où j’aimais à venir. La fraîche vision hante mon souvenir. Enclos de trois côtés par de hautes collines, Le val s’ouvre au couchant et descend vers la mer. Une cascade, au fond, de ses eaux cristallines Baigne les rochers noirs,...
LES VENDANGES Hier on cueillait à l'arbre une dernière pêche, Et ce matin, voici, dans l'aube épaisse et fraîche, L'automne qui blanchit sur les coteaux voisins. Un fin givre a ridé la pourpre des raisins. Là-bas, voyez·vous poindre, au bout de la montée,...
Robots tueurs: Des milliers de scientifiques réclament leur interdiction Toby Walsh, professeur d’Intelligence artificielle à l'Université New South Wales, lors d'une interview à l'AFP, le 28 juillet 2015 à Buenos Aires Plusieurs milliers de chercheurs...
Même au-delà du seuil des extrêmes du temps, Avec autant de grâce en fleur du crépuscule, Sous la vive chaleur perlée au coeur des vents, Jamais rien ne parut comme la canicule. Saisissante fournaise aux effets désastreux S'impose au fil des jours, laisse...
Il était une fois un grain de café, une carotte et un oeuf... Une jeune femme visite sa mère, lui parle de sa vie et lui confie combien elle a des difficultés à chaque journée. Elle ne sait pas comment elle va s’en sortir et elle envisage d’abandonner....
Le printemps de François-René de Chateaubriand Nuit de printemps Le ciel est pur, la lune est sans nuage : Déjà la nuit au calice des fleurs Verse la perle et l'ambre de ses pleurs ; Aucun zéphyr n'agite le feuillage. Sous un berceau, tranquillement assis,...
Les bois vont refleurir. Des gouttes de verdure Déjà tremblent au bout des rameaux dépouillés, Et les bourgeons bientôt, voilant l’écorce dure, S’ouvriront au soleil, de sève encor mouillés. D’un long sommeil la terre en souriant s’éveille ; Tout en elle...
Le meilleur moment des amours N’est pas quand on a dit : « Je t’aime. » Il est dans le silence même A demi rompu tous les jours ; Il est dans les intelligences Promptes et furtives des cœurs ; Il est dans les feintes rigueurs Et les secrètes indulgences...
Quand à peine un nuage, Flocon de laine, nage Dans les champs du ciel bleu, Et que la moisson mûre, Sans vagues ni murmure, Dort sous le ciel en feu ; Quand les couleuvres souples Se promènent par couples Dans les fossés taris ; Quand les grenouilles...
Un nom de fleur… Pour vous, ce n’est peut-être Qu’un nom charmant, sans plus. Il en est tant! Pour d’autres, c’est peut-être, à la fin du printemps, Dans l’air tendre, un parfum qu’ils pensent reconnaître. La fleur même… ils l’ont vue un jour; ils savent...
Pour vivre clair, ferme et juste, Avec mon coeur, j'admire tout Ce qui vibre, travaille et bout Dans la tendresse humaine et sur la terre auguste. L'hiver s'en va et voici mars et puis avril Et puis le prime été, joyeux et puéril. Sur la glycine en fleurs...
Vêtue d’une robe orientale rouge de velours Des broderies transparentes et pétillantes Dans laquelle mon corps affolé de tambours, Répondant au chant des orchidées fourmillantes, Je dansais dans leur jardin de l’amour, Infiltrant dans mon cœur un nouveau...
L'or pur des mimosas Printemps, ramène -nous leur folle floraison Leur cascade agitée au vent de déraison, Leur duvet de poussin à l'ombre des dentelles De feuilles ,caressées par la brise nouvelle. Le mur blanc resplendit sous leur voile doré Ils traversent...
De gaieté en gaieté J’ai contrefait ma joie De tristesse en tristesse J’ai camouflé ma peine De saison en saison J’ai galvaudé le temps De raison en raison J’ai nié l’évident De silence en silence J’ai parlé sans rien dire De méfiance en méfiance J’ai...
La visite discrète du bruant hudsonien Bernard Cloutier © photo Cephas Wikimedia Le bruant hudsonien s’active plus souvent au sol, grattant la neige sous les stations d’alimentation. Oiseau discret, le bruant hudsonien réside chez nous en automne et en...
Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794). Recueil : Fables (1792). La taupe et le lapin. Fable XVIII, Livre I. Chacun de nous souvent connaît bien ses défauts ; En convenir, c'est autre chose : On aime mieux souffrir de véritables maux, Que d'avouer...
Solitude... Pour vous cela veut dire seul, Pour moi - qui saura me comprendre ? Cela veut dire : vert, vert dru, vivace tendre, Vert platane, vert calycanthe, vert tilleul. Mot vert. Silence vert. Mains vertes De grands arbres penchés, d'arbustes fous...
Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta...
Le rossignol - (Alphonse Lamartine) Quant ta voix, céleste prélude Aux silences des belles nuits, Barde ailé de ma solitude Tu ne sais pas que je te suis ! Même si l’astre des nuits se penche Aux bords des monts pour t’écouter, Tu te caches de branche...